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11.08.2026 12:09 AM
L’euro prend de l’ampleur

Rien ne dure éternellement sous la lune. Il n’y a pas si longtemps, le dollar paraissait invincible : le marché était convaincu que la Federal Reserve relèverait bientôt ses taux, et les autres devises devaient observer son hégémonie à distance. Mais les données publiées vendredi sur le marché du travail américain ont complètement rebattu les cartes et, contre toute attente, l’euro s’est retrouvé sur le devant de la scène — lui qui, jusqu’alors, était resté discret et semblait résigné à son rôle d’éternel suiveur.

Dynamique des positions spéculatives sur le dollar américain

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L’indice Bloomberg du dollar au comptant a perdu 0,4 % et a terminé la semaine à son plus bas niveau depuis mai. La raison est simple : le nombre de nouveaux emplois aux États‑Unis a diminué de manière inattendue de 23 000, et les chiffres de mai et de juin ont été nettement révisés à la baisse. Le taux de chômage est tombé à 4,1 %, mais le taux de participation au marché du travail continue de reculer — le tableau évoque davantage un refroidissement qu’une surchauffe de l’économie. Les traders, d’après les données de la CFTC, ont réduit leurs positions « haussières » sur le dollar de près d’un quart, à 37 milliards de dollars, et, selon le marché des swaps, la probabilité d’une hausse des taux en septembre a chuté de 60 % à 40 % en l’espace d’une seule semaine.

Cependant, il serait naïf de considérer qu’il s’agit exclusivement d’un succès de l’euro. En réalité, la monnaie unique s’est simplement trouvée au bon endroit au bon moment — là où le dollar s’affaiblit de lui‑même, sans qu’elle n’y contribue. Dans le même temps, l’économie de la zone euro fait preuve d’une résilience surprenante : selon une enquête d’analystes de Bloomberg, la croissance dans l’ensemble des 21 pays du bloc en 2026 est désormais estimée à 0,8 %, contre une prévision de 0,5 % en juillet. Le PIB du deuxième trimestre a augmenté de 0,4 % — soit deux fois plus qu’anticipé — malgré les turbulences militaires autour de l’Iran, qui auraient a priori dû peser sur l’activité des entreprises du bloc.

Prévisions pour l’économie de la zone euro

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Néanmoins, il est encore trop tôt pour parler d’un véritable retournement de tendance. Le président de la Fed, Kevin Warsh, évite manifestement de donner le moindre signal au marché, et chaque nouvelle statistique devient un événement à part entière pour les traders : un autre rapport sur l’emploi et deux rapports sur l’inflation seront publiés avant la réunion de septembre. En réalité, ce sont ces publications, plutôt que la faiblesse actuelle du dollar, qui détermineront si l’euro reste en position de force ou cède à nouveau ses positions habituelles à un rival d’outre-Atlantique bien plus solide.

Pour l’instant, l’écart de taux d’intérêt ne joue pas en faveur de la monnaie unique, et la prime de risque géopolitique entourant le détroit d’Hormuz est loin d’avoir disparu. Dans le même temps, le président américain privilégie la pression économique aux frappes militaires, espérant que Téhéran finira simplement par manquer de liquidités — une rhétorique à laquelle le marché semble accorder de moins en moins de crédit.

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L’euro conservera-t-il ses positions chèrement acquises jusqu’en septembre, ou ne s’agit-il que d’un répit temporaire avant une nouvelle phase d’hégémonie du dollar ? Je doute que l’on obtienne une réponse avant que la Fed n’ait enfin donné son verdict.

Techniquement, sur le graphique quotidien de l’EUR/USD, la paire évolue actuellement au-dessus de la borne supérieure de la zone de juste valeur de 1,136–1,1525, et le sentiment demeure haussier. Il est logique de continuer à privilégier les positions longues.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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