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28.08.2026 03:55 PM
Le dollar attend le verdict de Warsh

Acheter la rumeur, vendre la nouvelle. C’est un vieil adage boursier, et en ce moment, l’EUR/USD l’illustre dans sa forme la plus pure. La paire de devises est restée inchangée depuis trois jours, non pas parce que le marché n’a rien à se dire, mais parce que toutes les discussions sont déjà intégrées dans les cours. À présent, il ne reste plus qu’à attendre l’événement principal : le discours du président de la Fed à Jackson Hole.

Dynamique de l’économie française

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Formellement, il y a une raison à ce mouvement même sans Warsh. L’économie française a évité de justesse la récession. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre et a stagné au cours des trois mois suivants. La faute en revient à la chaleur anormale qui a dévasté les récoltes et paralysé l’agriculture.

L’inflation en Espagne a plus que doublé l’objectif de la BCE, grimpant à 4,5 %, son plus haut niveau depuis 2023. Les prix en France ont accéléré à 2,7 %. Par conséquent, les investisseurs doutent peu que la BCE relève ses taux d’un quart de point, à 2,5 %, en septembre, et une nouvelle hausse pourrait intervenir d’ici le printemps. Cela semble être une raison pour que l’euro se renforce, la divergence de politique monétaire se dessinant en sa faveur.

Évolution de l’inflation en Espagne et en France

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Cependant, dans ce contexte, l’euro ne joue qu’un rôle d’observateur. Le personnage principal de cette histoire, c’est le dollar, ou plutôt la confiance qu’on lui accorde. Le rendement des Treasuries américains à 30 ans a atteint un pic inédit depuis 2007, l’inflation PCE se maintient à 3,7 % pour un objectif de 2 %, et la Réserve fédérale n’a pas réussi à la maîtriser depuis cinq ans. Le Treasury de Scott Bessent tente de contenir la vague de ventes sur les obligations longues, mais les interventions, à elles seules, ne suffiront pas à convaincre le marché.

C’est pourquoi JP Morgan, Apollo et Morgan Stanley estiment que Warsh a une chance, peut-être la dernière, de prouver par les actes que sa lutte contre l’inflation ne relève pas seulement de la rhétorique. Selon Bank of America, les bons mots peuvent aplanir la courbe des taux, renforcer l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale et soutenir le dollar. S’il flanche, les rendements à long terme s’envoleront à nouveau vers les niveaux dont Bessent a tenté de les ramener. Les capitaux fuiront vers les actifs refuges, délaissant les actions cycliques et les devises à risque.

Le marché a pris l’habitude d’acheter à l’avance tout signe de détermination, préparant ainsi le terrain pour un FOMO classique, cette peur de rater une opportunité de profit. Mais un signe ne suffit pas. Si, une fois de plus, les paroles ne sont pas suivies d’effets, l’impact ne durera tout au plus que quelques heures.

Dans le même temps, BofA rappelle que le marché croit encore à un scénario idéal. Sans ralentissement de l’économie, sans hausse des taux, sans réduction des investissements dans l’IA, et sans victoire des démocrates lors des élections de mi-mandat en novembre. La liste est trop longue pour ne pas susciter de questions.

Quoi qu’il en soit, les paroles des responsables politiques valent depuis longtemps moins que leur valeur nominale. Le marché veut des actes. Attendez vendredi soir. Jackson Hole montrera si la Fed a encore le droit de parler à la première personne ou si elle devra, comme auparavant, se justifier devant le marché obligataire. Le marché croira-t-il Warsh dès la première fois ?

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Techniquement, sur le graphique journalier, l’EUR/USD continue de se négocier près de la borne supérieure de la zone de juste valeur située entre 1,135 et 1,165. Une consolidation au-dessus de ce niveau signalerait des opportunités d’achat, tandis qu’un repli indiquerait des opportunités de vente.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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