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Les données d’août sur les indices d’activité des entreprises publiées par S&P Global ont légèrement déçu. L’indice PMI composite est passé de 52,8 le mois précédent à 52,2, tandis que l’indice PMI des services a reculé à 52,1. Bien que ces deux indicateurs demeurent au-dessus du seuil de 50, qui sépare l’expansion de la contraction, l’économie britannique peine toujours à trouver un élan durable.
Pour la Bank of England, la tendance s’oriente plutôt vers un maintien du taux à son niveau actuel jusqu’à la fin de l’année. Le rapport morose sur les non-farm payrolls publié vendredi a réduit la probabilité d’une hausse de taux de la Federal Reserve en septembre, accentuant au final l’incertitude entourant l’évolution future du différentiel de rendement.
Le parlement iranien examine un projet susceptible de bouleverser radicalement les flux énergétiques mondiaux : une interdiction pour les navires en provenance des États‑Unis, d’Israël et d’autres pays « hostiles » de traverser le détroit d’Ormuz, ainsi que l’introduction de redevances pouvant atteindre 7 % de la valeur de la cargaison pour les navires commerciaux et d’amendes de 20 % en cas de non‑respect de ces conditions.
Pour la livre, de telles évolutions auront des conséquences négatives, notamment en accroissant le risque d’une forte inflation en raison de la hausse des prix de l’énergie et d’une demande accrue de dollars en tant que valeur refuge.
Les prévisions de NIESR indiquent que l’économie britannique est confrontée à un choc inflationniste durable. Même dans le scénario le plus optimiste, l’inflation restera au‑dessus de 3 %, ce qui ne laissera aucune marge à la BoE pour réduire ses taux. La croissance du PIB du Royaume‑Uni au deuxième trimestre, selon les estimations de NIESR, demeure fragile, et tout nouveau choc pourrait compromettre la reprise.
Une enquête menée auprès de 25 grandes banques fait apparaître une fourchette de prévisions pour la paire GBP/USD au troisième trimestre 2026 allant de 1,30 à 1,38, avec une médiane à 1,33, ce qui suggère un léger repli par rapport aux niveaux actuels autour de 1,35.
L’événement clé de la semaine sera la publication des données sur l’inflation américaine le 12 août. Si l’indice des prix à la consommation (CPI) montre un ralentissement, les anticipations de relèvement des taux par la Fed continueront de diminuer, ce qui pourrait soutenir la livre. Cependant, le facteur du détroit d’Ormuz reste dominant. Tout durcissement de la position de l’Iran déclenchera un nouveau pic des prix du pétrole, ce qui, d’une part, renforcera les anticipations d’inflation et pourrait pousser la BoE à adopter une ligne plus agressive (ce qui soutiendrait la livre), mais, d’autre part, renforcera le dollar en tant que « valeur refuge » (ce qui pèsera sur la livre).
L’effet net sera probablement neutre ou légèrement négatif pour la paire GBP/USD, le dollar conservant son avantage structurel. La position nette vendeuse sur la livre pour la semaine de référence a légèrement diminué à ‑4,9 milliards de dollars ; le positionnement spéculatif reste baissier, mais le prix théorique a perdu sa direction.
Le scénario le plus probable pour la paire GBP/USD au cours de la semaine à venir semble être une phase de consolidation dans une fourchette de 1,3400 à 1,3550, avec des tentatives de test de la borne supérieure en cas de statistiques américaines décevantes. Si les tensions dans le détroit d’Ormuz s’intensifient de nouveau et que les prix du pétrole dépassent 90 $, la demande de dollar en tant que valeur refuge augmentera, et la livre pourrait reculer vers 1,3300 ou en dessous.
Dans les conditions actuelles, un scénario haussier paraît peu probable. La livre reste prise en étau entre l’affaiblissement de l’économie domestique et les risques géopolitiques, tandis que la dynamique stratégique des États-Unis dans le détroit d’Ormuz joue en sa défaveur à long terme.