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20.07.2026 02:40 PM
La résilience du dollar américain remise en question

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Pourtant, c’est exactement ce que tente de faire la principale paire de devises, coincée dans une fourchette étroite en attendant le verdict de la Banque centrale européenne. Personne ne s’attend à une hausse du taux de dépôt, mais Christine Lagarde pourrait très bien laisser entendre qu’un durcissement de la politique monétaire est possible plus tard dans l’année. Le problème pour l’EUR/USD, c’est que son sort ne se joue pas à Francfort, mais à Washington.

Les traders et le président de la Fed, Kevin Warsh, sont d’accord sur un point : la lutte contre l’inflation est loin d’être terminée. La baisse de l’indice des prix à la consommation américain en juin — le premier recul mensuel depuis 2020 — a brièvement rassuré les marchés et les a conduits à réduire leurs paris sur une hausse imminente des taux. Mais ce répit s’est révélé temporaire et, semble-t-il, trompeur. Le pétrole repart à la hausse après l’effondrement du fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, les dépenses liées à l’IA continuent de stimuler l’économie, et Warsh a indiqué que la priorité de la Fed est de ramener l’inflation à l’objectif de 2 %, dont elle s’écarte depuis cinq ans.

Consensus des traders sur le taux des Fed funds

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Goldman Sachs prévoit que la Fed maintiendra ses taux entre 3,50 % et 3,75 % jusqu'à la fin de 2026, tandis que la BCE relèvera encore ses taux de 25 points de base en septembre, portant le coût de l’emprunt à un pic de 2,5 % avant un assouplissement en 2027.

Bank of America adopte une position plus restrictive, anticipant une hausse de 75 points de base des taux directeurs de la Federal Reserve dès septembre, rejetant l’opinion de ses clients selon laquelle l’inflation serait transitoire. BofA estime que Kevin Warsh a des raisons stratégiques d’agir rapidement et de se forger une réputation de combattant de l’inflation. BlackRock, au contraire, juge le marché trop agressif et s’attend à ce que la Fed reporte tout relèvement de taux tant que les indicateurs ne montreront pas un affaiblissement.

Évolution des taux des fed funds et des rendements des Treasuries américains

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Alors que les traders débattent du rythme du resserrement monétaire, l’euro est confronté à un autre casse-tête. Le chancelier allemand Friedrich Merz craint qu’une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle française de 2027 ne brise le tandem franco-allemand et n’ébranle le projet européen. Son arrivée au palais de l’Élysée serait perçue comme un triomphe de l’extrême droite sur le continent. Certains experts, toutefois, exhortent Berlin et Paris à se concentrer sur les problèmes qu’ils ont en commun — croissance poussive et affaiblissement de la compétitivité — plutôt que d’ériger des barricades politiques.

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Ainsi, l’EUR/USD se retrouve pris entre deux examinateurs. Le premier est la Federal Reserve, dont les décisions détermineront la trajectoire de la paire au cours des prochains mois. Le second est l’électorat français, dont le verdict l’année prochaine façonnera l’avenir bien plus lointain de l’euro. Lequel de ces tests sera le plus difficile pour la monnaie ?

D’un point de vue technique, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD oscille entre la borne supérieure de la zone 1,1375–1,145 et sa juste valeur. L’accent doit rester mis sur le trading de range : acheter l’euro sur repli et le vendre sur rebond contre le dollar américain. Une cassure de 1,1425 augmenterait le risque de voir la paire glisser vers la borne inférieure de cette zone.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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