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09.06.2026 12:49 AM
USD/JPY. Trading sur une poudrière : le yen est de nouveau en danger

Le yen recommence à se déprécier. La paire USD/JPY a bondi à 160,40 lundi, atteignant ainsi un plus haut de cinq semaines.

L’affaiblissement de la devise japonaise est justifié et bien fondé, compte tenu des récents événements au Moyen-Orient. Comme on le sait, le Japon est un importateur net de ressources énergétiques ; par conséquent, la dernière vague de confrontation au Moyen-Orient a eu un impact négatif sur le yen. Au début de la séance de lundi, les prix mondiaux du pétrole ont augmenté de plus de 5 % — en particulier, le prix du baril de Brent a dépassé 98 $ (une première depuis le 3 juin).

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Comme on le sait, l’Iran et Israël ont échangé des tirs de roquettes en l’espace d’une journée, mettant ainsi en péril la fragile trêve au Moyen-Orient. Sur fond de brusque montée de l’aversion au risque et de hausse des prix du pétrole, la paire USD/JPY est montée jusqu’au milieu de la zone des 160.

Cependant, les acheteurs n’ont pas réussi à se consolider dans cette zone de prix. Après une stabilisation du cours à 160,40, les vendeurs ont repris la main sur la paire. Le yen s’est progressivement renforcé et a fini par revenir dans la zone des 159.

Fait intéressant, la paire a commencé à baisser pour pratiquement la même raison qui l’avait fait monter auparavant. Seul le signe « moins » s’est transformé en « plus ». Initialement, le marché a réagi aux risques d’une nouvelle escalade et d’un élargissement du conflit au Moyen-Orient ; toutefois, des signaux de possible désescalade sont rapidement apparus. En d’autres termes, l’agenda géopolitique reste le principal moteur de l’USD/JPY, mais son ton est passé de l’alarmisme à quelque chose de plus positif.

Premièrement, les États-Unis n’ont pas soutenu le scénario d’escalade, indiquant que l’option de base pour l’évolution de la situation reste la voie diplomatique. Donald Trump s’est abstenu de menacer Téhéran et a exhorté Israël à ne pas riposter à l’attaque de roquettes iranienne. Et bien que la partie israélienne ait « désobéi » à la Maison-Blanche (les FDI ont frappé des installations iraniennes dans la nuit), Washington continue d’insister sur la désescalade. Lundi, Trump a déclaré sur ses réseaux sociaux qu’Israël et l’Iran « s’efforcent d’aboutir à une trêve ».

Deuxièmement, des signaux de désescalade sont également venus de Téhéran. En substance, l’Iran a annoncé la cessation des tirs de roquettes contre Israël. Selon les médias, des représentants de la direction israélienne et des États-Unis avaient auparavant transmis à Téhéran que, si les attaques cessaient, les frappes de représailles seraient également interrompues. À en juger par la déclaration des forces armées iraniennes, cette proposition a été acceptée : Téhéran a officiellement annoncé la fin des opérations. D’après la chaîne israélienne Channel 12, après cette annonce, Trump et Benjamin Netanyahou ont eu un nouvel entretien téléphonique, « cimentant » ainsi les accords conclus. Selon le NYT, le Premier ministre israélien a donné instruction à l’armée de stopper les préparatifs en vue d’une nouvelle attaque contre l’Iran.

Sur fond de ces informations, la paire USD/JPY a reculé d’environ 50 pips, s’éloignant de ses plus hauts de cinq semaines.

Un facteur supplémentaire de pression sur la paire est le risque d’intervention sur le marché des changes. En effet, le seuil de 160,00 constitue une sorte de « ligne rouge » pour les autorités japonaises. C’est à ce niveau, fin avril (lorsque l’USD/JPY a bondi à 160,70), que le ministère japonais des Finances a mobilisé un montant record de 11,7 trillions de yens issus de ses réserves de change pour soutenir la monnaie nationale. Le fait que la paire soit revenue à ses sommets locaux indique que tout l’effet des interventions printanières a été entièrement neutralisé.

Auparavant, entre 2022 et 2024, des interventions effectives (et non verbales) ont également eu lieu à proximité de la zone de prix 150–160, ce qui a formé ce que les traders appellent une « mémoire de range ». Le marché peut donc commencer à réduire ses positions longues à l’approche de la borne supérieure de ce range — en l’occurrence, le niveau précité de 160,70.

Compte tenu du contexte actuel, il ne faut pas sous-estimer le risque de reprise des interventions sur le marché des changes. Un yen faible alimente l’inflation importée au Japon, augmentant les dépenses des entreprises et des ménages pour l’achat de ressources énergétiques, ce qui annule les efforts gouvernementaux de soutien budgétaire à la population. De toute évidence, le Premier ministre Sanae Takaiichi et la ministre des Finances Satsuki Katayama subissent une forte pression politique intérieure, puisqu’ils ont récemment durci sensiblement leur rhétorique, affirmant être prêts à « prendre des mesures décisives » contre une volatilité excessive et des mouvements spéculatifs des taux de change.

Il convient également de noter que tout juste vendredi dernier (5 juin), le Parlement japonais a adopté, lors d’un vote d’urgence, un budget supplémentaire de 3,11 trillions de yens (environ 19 milliards de dollars). Le gouvernement Takaiichi a pris cette initiative seulement deux mois après l’adoption du budget annuel principal. Dans ce contexte, la dépréciation du yen alourdit encore la charge et réduit en partie l’effet du plan de relance, car la hausse des prix des matières premières et de l’énergie importées accroît le coût réel du budget et réduit le pouvoir d’achat, affaiblissant l’effet multiplicateur des dépenses publiques supplémentaires. Il est manifeste qu’une nouvelle hausse de l’USD/JPY pourrait déclencher des mesures de riposte de la part des autorités japonaises.

Ainsi, les positions longues sur la paire apparaissent risquées, malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient. Les efforts de médiation de Trump semblent produire certains résultats — du moins en ce qui concerne le freinage d’une nouvelle escalade. Par ailleurs, la paire USD/JPY s’approche d’une zone à haut risque, ce qui augmente la probabilité d’une intervention sur le marché des changes. Dans ces conditions, il serait judicieux d’adopter une attitude attentiste sur la paire : une hausse supplémentaire s’accompagne de risques accrus, tandis que les conditions fondamentales d’un retournement durable ne sont pas encore réunies.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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