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15.05.2026 12:26 PM
La BCE sous pression alors que Stournaras avertit d’une hausse inévitable des taux si le pétrole se maintient

L’euro s’est rapidement affaibli face au dollar américain alors même qu’un nombre croissant de responsables de la Banque centrale européenne signalent la nécessité d’une politique plus stricte, ce qui souligne les pressions croissantes auxquelles la BCE est confrontée.

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Yannis Stournaras, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE et gouverneur de la Banque de Grèce, s’est joint mardi au chœur des responsables avertissant que le resserrement de la politique monétaire devient inévitable. Il a déclaré que si le prix du pétrole restait à ses niveaux actuels, la BCE n’aurait d’autre choix que de relever ses taux d’intérêt. « Mais nous espérons tous éviter cela », a-t-il ajouté.

Stournaras a indiqué que les perspectives de politique monétaire avaient changé : le débat n’oppose plus un scénario de référence à un scénario défavorable pour l’économie, mais un scénario défavorable à un scénario d’atterrissage brutal. Il s’agit là d’une évolution notable de ton par rapport à il y a quelques semaines, lorsque la plupart des responsables mettaient l’accent sur la prudence et la nécessité d’attendre de nouvelles données.

Les dernières données sur l’inflation renforcent ces préoccupations. L’estimation préliminaire d’Eurostat a montré une hausse de l’inflation annuelle dans la zone euro, à 3,0 % en avril, contre 2,6 % en mars. L’énergie reste le principal moteur : les prix de l’énergie ont augmenté de 10,9 % sur un an en avril, contre 5,1 % en mars. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, s’est légèrement atténuée, offrant à la BCE une justification formelle pour la retenue, mais le taux global de 3,0 % — son plus haut niveau depuis septembre 2023 — devient de plus en plus difficile à ignorer sur le plan politique.

Le Brent s’échangeait autour de 105 dollars le baril jeudi, après être resté au-dessus de 100 dollars pendant trois semaines consécutives. Le détroit d’Ormuz demeure pratiquement fermé, les négociations avec l’Iran sont dans l’impasse, et aucun signe de résolution rapide ne se profile. Stournaras a mis en garde contre le fait que des prix du pétrole durablement élevés pèseraient à la fois sur l’inflation et sur la croissance, faisant planer le spectre de la stagflation que les responsables européens cherchent plus que tout à éviter.

Les marchés et les économistes s’attendent globalement à une hausse de 25 points de base lors de la réunion de la BCE en juin. Les responsables sont toutefois confrontés à un choix : si la remontée de l’inflation reste modérée, un relèvement des taux pourrait ne pas être nécessaire ; en revanche, si l’inflation s’accélère et persiste, la BCE devra envisager des mesures bien plus sévères. En résumé, les perspectives dépendent de l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz et de la durée de la crise énergétique.

Même dans ce scénario, le soutien à l’euro resterait limité, de nombreux traders redoutant une hausse parallèle des prix aux États‑Unis et privilégiant par conséquent le dollar comme valeur refuge.

Analyse technique de l’EUR/USD

Sur le plan technique, les acheteurs doivent envisager la manière de franchir le seuil de 1,1660 afin de viser un test de 1,1680. Un mouvement au‑delà de ce niveau pourrait permettre à la paire d’atteindre 1,1705, avec un objectif final proche de 1,1725, mais y parvenir sans l’appui de grands intervenants de marché sera difficile. À la baisse, seule une rechute vers environ 1,1630 est susceptible de susciter une intervention significative des principaux acheteurs. Si la demande est absente à ce niveau, il serait judicieux d’attendre la formation d’un nouveau creux près de 1,1610 ou d’envisager l’ouverture de positions acheteuses autour de 1,1590.

Jakub Novak,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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