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Donald Trump a convaincu les marchés que le conflit armé au Moyen-Orient durerait encore 2 à 3 semaines. Cependant, il semble que personne n’en ait informé l’Iran. Le pays poursuit ses bombardements sur les États du Golfe persique et reçoit en retour des missiles des États-Unis et d’Israël. La guerre ne montre aucun signe d’apaisement, mais l’EUR/USD progresse. Comme d’habitude, les marchés tirent d’abord et posent les questions ensuite.
Des efforts des deux côtés sont nécessaires pour parvenir à un accord de paix. Donald Trump affirme que Téhéran a satisfait à la plupart des 15 exigences américaines. Apparemment, l’Iran ne pourra plus produire d’armes nucléaires, et il faudra 15 à 20 ans pour reconstruire le pays. Ajoutez à cela un changement de gouvernement, moins agressif à l’égard des Américains, et l’occupant de la Maison-Blanche a des raisons de se retirer du Moyen-Orient.
Un conflit prolongé risque d’accélérer l’inflation aux États-Unis, ce que le président ne souhaite pas. Certes, les prix à la consommation peuvent s’envoler dans un premier temps, mais les effets secondaires pourraient aussi pousser l’inflation sous-jacente à la hausse. Les marchés et les experts de Bloomberg relèvent leurs prévisions à ce sujet. En conséquence, le rêve de Trump de réduire le taux des fonds fédéraux ne se réalisera pas. Avec ou sans nouveau président à sa tête, les membres du FOMC maintiendront les coûts d’emprunt à 3,75 %.
La combinaison de prix élevés du pétrole et de l’essence, d’une part, et de taux d’intérêt élevés, d’autre part, est un mélange explosif. Elle conduira immanquablement à une récession de l’économie américaine. Dans le même temps, Goldman Sachs avertit qu’un changement du sentiment des investisseurs pourrait affaiblir le dollar américain. Pendant le conflit armé au Moyen-Orient, le billet vert s’est apprécié en raison des craintes de stagflation. Si les marchés commencent à redouter un ralentissement, les rendements des Treasuries baisseront, entraînant avec eux l’indice du USD.
À première vue, l’euro pourrait profiter d’un règlement du conflit entre les États-Unis et l’Iran. La zone euro, orientée vers l’exportation, est très sensible à la conjoncture économique mondiale. Si la croissance du PIB mondial reste inchangée, la paire EUR/USD pourrait poursuivre son rallye.
En réalité, la dépendance du bloc monétaire au pétrole et au gaz n’a pas disparu. Le départ des Américains d’Iran ne signifie pas automatiquement la réouverture du détroit d’Ormuz. Le Brent continuera de s’échanger à des niveaux élevés par rapport aux références d’avant-guerre. De plus, la reconstruction des infrastructures prendra du temps, ce qui modérera l’enthousiasme haussier sur la principale paire de devises.
Sur le plan technique, le graphique quotidien de l’EUR/USD forme une figure de retournement 1-2-3. Pour l’activer, une cassure au-dessus du point 2 est nécessaire. Ce point se situe à la limite supérieure de la zone de juste valeur de 1,149–1,1635. Un test convaincant permettra d’accumuler des positions longues ouvertes à partir de 1,149. À l’inverse, l’incapacité des acheteurs à franchir ce niveau constitue un signal pour passer d’une stratégie d’achat à une stratégie de vente de l’euro contre le dollar américain.